Nouvelle-Zélande




La légende veut qu'après avoir achevé son ouvrage, Dieu décida de créer à son usage personnel un petit paradis rassemblant toutes les merveilles de la planète. Une fois chassés les serpents et les mammifères indésirables, il posa la Nouvelle-Zélande au milieu de l'océan.


Les Maoris ont une autre version de la genèse d'Aotearoa, " le pays du long nuage blanc ". Dans le silence de la nuit primordiale, Rangi, le père céleste, et Papa, la mère terrestre, mirent au monde sept dieux mâles. Au prix d'un terrible effort, l'aîné, Tane, dieu des forêts, se libéra en les séparant l'un de l'autre, laissant s'engouffrer le vent. Aotearoa était née. Pour consoler ses parents, Tane décora le ciel, son père, avec le soleil, la lune et les étoiles, et offrit à sa mère, la terre, une parure magnifique de plantes et d'animaux, inondant le nouvel univers de couleurs et de lumières. Mais Rangi éprouva un tel chagrin d'être séparé de Papa que ses pleurs ruisselèrent et formèrent à la surface de sa bien-aimée les océans et les lacs.



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Depuis longtemps, je ne peux m'empêcher de penser qu'une bonne étoile veille sur moi. Combien de fois surpris par l'irrégularité de la vie me retrouvé-je sur des sentiers inattendus ? La Nouvelle-Zélande se présenta ainsi, naïve merveille tendant ses bras ouverts aux inconnus.


En 2002, juste avant la fin de ma deuxième année à l'ENITA, Etienne Saur, nouveau professeur Forêt-Environnement, avait initié et proposait un partenariat avec la Nouvelle-Zélande pour que nous puissions y faire notre troisième et dernière année. J'ai beaucoup hésité. Si je le voulais il suffisait de menues formalités, mais il fallait choisir vite.


Le soir de cette proposition, lorsque je suis retourné dans ma chambre, j'ai regardé la vue plongeante et le ciel ouvert. La même vue quotidienne, et pourtant aujourd'hui, dans la perspective de la perdre, j'ai redécouvert à quel point j'aimais cette vue, j'aimais être ici entouré de mes amis avec qui j'avais encore tant à partager. Et puis, il y avait Illina en cours de tournage. Je ne pouvais pas partir sans avoir terminé ce film, et il restait plusieurs mois de travail.


Malgré l'attirance exercée par la Nouvelle-Zélande, j'ai donc refusé. Je ne l'ai pas regretté : en fin de troisième année, mon parcours enitien était révolu et les séparations inéluctables. J'ignorais ce qui m'attendait ensuite sinon une laborieuse recherche d'emploi. Etienne entra de nouveau en scène en proposant à notre option de réaliser le stage de fin d'étude en même temps que le début d'un mastère en sciences forestières, et cela durerait 2 ans, en Nouvelle-Zélande !


Cette chère île délaissée surgit des eaux une nouvelle fois. Mais deux ans… trop long, trop loin… personne ne semblait motivé, or je n'avais rien de prévu pour les deux ans à venir donc je me suis dit "pourquoi pas ?", probablement un sourire aux lèvres à l'idée de partir à l'autre bout du monde.


Ce ne seront pas deux ans mais trois, ce ne sera pas un voyage mais un fragment de vie, ce ne sera pas un goût éphémère mais une saveur indélébile.






L'arrivée



Aborder la Nouvelle-Zélande me replonge de prime abord dans son immensité. Je retrouve par l'éveil d'une myriade de souvenirs esseulés le temps que j'y ai passé, la vie vécue, la vastitude, la majesté des paysages, l'œil ouvert sur l'horizon océan… Une chorégraphie d'images s'abat et je risque de m'y perdre. Qu'importe, la Nouvelle-Zélande est un labyrinthe de plaisirs.


Je suis arrivé à l'automne. A l'aéroport m'attendait Euan Mason, superviseur de mon Mastère. Je n'y ai pas trouvé un chef ni un professeur mais un homme. Il me conduisit dans les rues de Christchurch devant mes yeux réjouis à prendre les ronds-points à l'envers. Je fus immédiatement présenté à sa femme et ses enfants. Il habitait une maison au confort rustique. Des livres traînent, des jouets, on y sent la vie, on s'y sent à l'aise.


Euan m'offrit une bière et me demanda quelles étaient mes passions. Pour sa part il était, en plus d'être passionné par son métier de recherche scientifique, il jouait du blues à la guitare et était président d'un club d'astronomie. Il m'emmènera d'ailleurs à l'une de leurs sorties, où dans un froid glacial nous partageâmes avec ses amis, sa famille et des collègues quelques bières et le plaisir de la contemplation céleste.


Euan régla son télescope sur la lune. Un arc d'ombres et de lumières se révéla à nous. La lune apparaissait clairement, avec ses cratères, ses 'mers', et cette ligne entre ombre et lumière qui ici ne se voyait plus lisse mais parcourues de reliefs. Nous écartions la chevelure de la distance pour plonger notre regard sur le visage de la Lune, nous découvrions ces détails rarement dévoilés.


Voilà donc mon premier contact néo-zélandais, reflet de ma culture de là-bas : des personnes humaines avant d'être des docteurs, des chefs.


D'un point de vue général la communication en Nouvelle-Zélande s'est révélée très facile. Aller commander un verre dans un bar, aller aux toilettes à un concert ou se reconnaître dans un intérêt constituent une excuse suffisante pour s'adresser la parole. Bien souvent, et ce même dans les banques par exemple, les habitants s'appellent par les prénoms. On oublie les messieurs et mesdames en même temps que le 'vous' et la communication semble soudain plus naturelle, moins chargée de lourdeurs et de principes. Nous sommes des Hommes et nous avons un prénom auquel nous répondons. Le dialogue mérite bien cette légère intimité.


Quant aux fêtes chez les uns les autres, les amis des amis sont invités, du coup la foule croît en conséquences et les rencontres s'enchaînent. Ajouter à cela une grande communauté étudiante et internationale… la diversité humaine est à portée de main. Prendre ses marques en Nouvelle-Zélande est d'autant plus simple que les néo-zélandais ont un mode de vie occidental mais une ouverture d'esprit plus accessible que sur nos bonnes vieilles terres.


Je me suis senti bien dès les premiers pas dans ce pays, et la nature omniprésente a certainement contribué à cet apaisement. Et puis, 4 millions de personnes dans un pays grand comme la moitié de la France, avec les ¾ de la population dans l'île du Nord, voilà de quoi laisser l'île du Sud sauvage et préservée, protégée des réseaux routiers et de l'émergence massive des constructions.


Christchurch, 'capitale' de l'île du sud, est appelée ville verte et porte bien son nom, entre les parcs, l'Avon river qui traverse la ville et les arbres ci, là et ailleurs encore. Quant à sortir des villes… conduire en Nouvelle-Zélande est un inlassable plaisir. Les voitures croisées sont parfois rares, mais surtout, le paysage varie constamment et sa splendeur est régulière. Chaque avancée nous offre des spectacles silencieux d'une rare magnificence. Un trajet de 6 heures n'a pas de quoi paraître long sur les routes d'Aotearoa, et nombreux sont les trésors qui nous attendent en chemin.



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Voyage



Car il me sera impossible de décrire en détail les beautés d'Aotearoa pour qu'à chaque chapitre corresponde une image en lien avec les 6 diaporamas, je réunis ici les différentes pages pour que selon votre sensibilité vous puissiez aller explorer tel ou tel recoin enchanteur de ce pays féerique.




Nord

Fiordland

D'Ouest en Est

Côte est

Dans les terres

Sumner

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La tête à l'envers



Marcher à l'envers suppose plus de changements que je ne l'imaginais a priori.


Le plus prévisible était la conduite à gauche. Or cet aspect a fait apparaître une forme de conditionnement dont je ne m'étais jamais encore rendu compte. Lors de marches en ville, il m'arrivait souvent au début de me retrouver sur le chemin des autres passants. J'ai réalisé alors l'habitude à laquelle nous soumettait notre sens de conduite habituel : nous y appliquons notre sens de marche pour croiser les passants. On se croise par la droite en France, par la gauche en Nouvelle-Zélande. De retour en France après 3 ans il m'a fallu un petit temps de réadaptation avant de reprendre le pli.


Le sourire de la lune est aussi inversé. Mais son visage n'est pas le seul à être renversé. Le cycle lunaire l'est aussi, ainsi visuellement, le premier quartier de l'hémisphère nord est le dernier du sud, et inversement : en Nouvelle-Zélande la Lune s'emplit de lumière de la gauche vers la droite.


Pour rester dans les astres, parlons du soleil et des saisons. L'hiver du nord est l'été du sud et il est troublant de voir décembre et janvier sous les assauts du soleil. Juillet et août sont les mois de l'hiver, dont le froid est exacerbé sur la côte est par les vents de l'antarctique. Mais quelle que soit la saison, le soleil irradie avec une intensité accrue. Serait-ce dû par hasard à la couche d'ozone amoindrie ?



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L'envol du Phénix



Cette histoire se déroula en face de ma chambre d'étudiant, dans un parc aux arbres et plantes aussi beaux que variés. C'est dans ce parc que Peter Jackson, réalisateur du Seigneur des Anneaux, a tourné un de ses premiers films : Heavenly Creatures.


J'ai un penchant naturel pour les arbres, mais ce soir là, grisé par d'euphoriques substances et entouré de deux amis, je me suis senti particulièrement proche des végétaux. A commencer par un arbre dont le tronc est si large qu'il faudrait au moins 6 personnes pour en faire le tour bras écartés. Je me suis blotti contre lui et m'y suis senti en paix, comme s'il me transmettait son calme et son bien-être.


L'excursion continue, et nous arrivons à une croisée de chemin où trône l'unique palmier phénix du parc. Là, devant ses branches si hautes, tellement élancées et inaccessibles, l'envie de toucher cette ramure me prit. Il me semblait que par son contact j'apprendrais quelque chose, que je me sentirais différent. Quelque part, ce phénix m'appelait.

J'entrepris donc de l'escalader et son tronc droit s'y prêtait bien de par les nombreuses protubérances ligneuses. A peine les pieds hors du sol je m'arrête, conscient que je ne peux pas ainsi grimper sur ce bel arbre tel un goujat, sans même lui annoncer mon ascension. Alors spontanément je me mets à chuchoter à mon hôte que j'aimerais l'escalader, que j'espère qu'il m'acceptera. Je ne recevais aucune réponse malgré ma concentration, mais parler à cet arbre me paraissait naturel.


Mes amis m'exhortaient à redescendre mais je ne le pouvais. Je continuais à m'élever. Seulement plus on gagne en hauteur, plus le tronc est vieux, plus ses protubérances se résorbent et plus elles sont friables. Il devenait difficile de trouver des prises mais la ramure approchait. Hélas mes mains glissèrent, mon poids fit céder les prises des pieds et je glissai en ligne droite le long du tronc, arrachant du bois projeté sur mon visage, et à la réception, une racine tordit mon pied et fractura ma cheville à deux endroits.


Je ne pouvais plus marcher, mes deux amis dont ce cher Crousti devinrent mes jambes. Toutefois je restais si troublé par cette communication avec l'arbre, ce fut un instant si fort, que la douleur passait au second plan. Nous décidâmes de rentrer chez moi et passer la nuit ainsi dans l'espoir que le pied retrouve sa forme. Le lendemain ma cheville était jaune et bleu, il était temps d'aller aux urgences. Là apparut dans toute sa splendeur la simplicité administrative de la Nouvelle-Zélande : je leur donnai mes coordonnées et il me prirent en charge bien que je n'ai pas d'assurance. La seule question posée lorsque j'annonçais être tombé d'un arbre fut : " Et c'était en Nouvelle-Zélande ? " J'ai failli répondre ironiquement que j'avais pris l'avion pour me faire soigner ici mais j'ai évité. Je n'eus pas à fournir le moindre papier supplémentaire ni à débourser le moindre centime. Ni pour la semaine passée à l'hôpital, ni pour l'opération, la mise à disposition de béquilles, d'une table roulante, d'une aide pour faire les courses puis la kinésithérapie.


C'est donc dans le plâtre que j'ai passé mon premier été néo-zélandais. Or ne plus disposer d'une jambe suppose ne plus disposer non plus de ses deux mains retenues sur les béquilles. Et ça devient un calvaire pour chaque opération si aisée d'habitude. Se faire à manger sur une jambe, prendre une douche assis en évitant que l'eau ne rentre trop dans le plâtre, aller à la fac et ses nombreuses marches… que d'évidences perdues rappelant combien notre corps est une mécanique superbe qui nous octroie une fantastique liberté de mouvement. A mes 25 ans je réalisai enfin que je n'étais pas invincible.


J'ai mis longtemps à interpréter le message d'une telle chute. En cette nuit je désirais m'élever spirituellement par une ascension physique. Je souhaitais toucher pour connaître, alors que mon regard et mon esprit eurent suffit à toucher les branches par la pensée. Si le corps trouve ses limites dans les contraintes physiques de ce monde, notre esprit lui, s'émancipe de la gravité, atteint des lieux inexplorables par les yeux et s'étend donc avec les seules limites que nous lui donnons.



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Musique !



Avec si peu de monde en Nouvelle-Zélande, on n'y trouve pas la diversité musicale d'un Paris, Londres ou New-York, cependant les groupes locaux sont riches d'une ambiance qui leur est propre et d'une atmosphère fortement inspiratrice.


Du jazz, de la musique groovy ou aux accords tribaux, il y a de quoi réjouir ses tympans. Parmi les meilleurs à mon goût se trouvent Fat Freddy's Drop, Trinity Roots, Hollie Smith, Rhombus, et la liste peut s'étendre encore. Leurs paroles reflètent souvent la paix trouvée sur l'île : on y entend parler de montagnes, de paysages fabuleux, de respect, de communication. Ainsi la saveur musicale se marie agréablement à des textes pacifiques et faisant l'apologie des richesses naturelles et humaines.


Le Drum and Bass est une musique assez prisée là-bas. Je n'étais pas vraiment fan en arrivant, pourtant à force d'écoute et d'immersion dans cette musique particulière, j'ai fini par sincèrement aimé la musique de Salmonella Dub par exemple. Je me rappelle encore un concert où lancé en une danse rapide pendant qu'un jongleur maniait ses balles luminescentes, je compris ce qui donnait tant de corps à cette musique. Son nom le clame d'ailleurs haut et fort : drum and bass. Il y a ces percutions rapides, ce rythme endiablé qui projette nos mouvements en saccades chaotiques, qui laisse notre tête, nos bras s'élancer en directions improbables dans une perdition épuisante et libératrice, et toujours sur la même musique, si la fatigue nous prend, il suffit d'ouvrir nos oreilles aux basses dont la régularité offre l'appui confortable du poids de sons graves et plus lents sur lesquelles il devient aisé d'ondoyer, de ralentir le rythme pour couler avec ces notes allongées et reposantes, voire sensuelles. Quand alors un maori à la carrure impressionnante arrive devant le micro, prend une profonde inspiration et se met à libérer un cri régulier emplissant le moindre recoin de la salle, ce cri issu d'un homme parfaitement harmonisé avec les instruments nous porte en instant en lévitation avant que les percussions ne s'abattent de nouveau, que la douceur des basses nous caresse et que la voix perdue dans son chant apporte l'apothéose d'une danse transcendantale. Ah, les concerts d'Aotearoa furent un pur régal.



Quant aux festivals, il suffit d'imaginer un scène au milieu des montagnes, entre d'immenses rochers, où une foule se répartit sur tel ou tel relief pour danser en continu sur les rythmes choisis. Pour mon grand plaisir régulièrement renouvelé, j'ai ramené quelques perles dont l'écoute me replonge assez vite dans cette ambiance unique du bout du monde.



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Quelques expériences



Sky Diving


Quand on tombe de cheval, il faut remonter sans attendre ; quand on se casse la cheville, il faut retourner dans les airs…


Nous nous envolons, Tuuli, Tintoune et moi vers 4000 m d'altitude, la pression monte, les nuages sont en dessous, la porte s'ouvre, les jambes affrontent le vide, il est temps de se jeter dans l'immensité vertigineuse des airs, c'est parti ! 45 secondes de chute libre, à une vitesse d'environ 200 km/h. Les rares voitures sont des fourmis, les montagnes se perdent à l'horizon, les lacs tels des flaques scintillantes s'allient aux reliefs environnants pour se jeter dans nos yeux émerveillés, ouverts sans battement de cil intempestif.


Puis le parachute s'ouvre, et là, tout s'arrête, nous voilà comme suspendus dans le ciel, rien ne soutient nos pieds, mes amis flottent eux aussi en feuilles mortes vers la terre un instant oubliée.


Court ? non. L'intensité du vol déchire le temps et les pensées. Lorsque nous atterrissons, les mots sont inutiles. Chacun est paré d'un sourire qui en dit assez long, qui nous fait comprendre les voluptés dont Peter Pan se régale inlassablement…



Bienvenue en Chine !


Dans nos résidentes étudiantes, un asiatique nous invita à un repas typiquement chinois. Le principe d'une telle soirée est que plusieurs cuisiniers, en l'occurrence Bob et ses deux damoiselles, passent leur temps en cuisine à préparer des plats tous meilleurs les uns que les autres. Ils ne se joignent pas au repas car trop occupés à leur art, mais plus on mange, plus ils sont contents. Vous imaginez donc comme nous avions envie de les rendre heureux.


Ainsi pendant plus de 3 heures, les plats s'enchaînèrent sans relâche : viande, légumes, soupes, tête de poisson. D'ailleurs pour cette tête accueillie avec perplexité, nous nous sommes d'abord dit " c'est quoi c't'arnaque ? Il est où le reste ? ", mais après l'avoir goûté, 5 min plus tard il ne restait que les yeux et les os. Au bout de trois heures, nous essayions de trouver de la place dans notre estomac, ivres de tant de délices culinaires pleuvant sur nous telle une pluie tropicale. Pas besoin de manger pendant 2 jours après cette expérience unique, et une seule phrase nous venait à l'esprit : " Vive la Chine ! "



Rugby : France - All Blacks

28 juin 2003. Le visage en bleu-blanc-rouge, agitant nos drapeaux, nous hurlions nos encouragements à notre équipe histoire de montrer aux All Blacks que leur Haka est certes impressionnant, mais que nous n'allons pas rester muets pour autant ! Certains kiwis, brûlant d'envie de participer à notre liesse, nous envoyèrent des bouteilles en plastique ou de la bière pour refroidir nos ardeurs, mais il en fallait plus que ça pour que nous rangions nos drapeaux tricolores.


Pendant les premières minutes, quand la France menait, nous avons sans succès essayé de lancer plusieurs 'ola'. Les kiwis en lancèrent à la remontée des All Blacks, et là, je dois avouer que c'est un moment intense de voir une marée humaine se lever, arrivant vers nous tel un tsunami et dans lequel on se sent un instant au cœur de l'émotion sportive.


Malgré cela, la télévision que je porte pourtant peu en mon cœur offre une meilleure visualisation d'un match et ça évite aussi de s'entendre dire avec un vieux rictus " Hey, you lost !! " Heureusement, mon amour pour le sport étant aussi développé que mon respect envers les politiciens, cela ne m'a pas trop atteint… Finalement, un stade pour un concert, oui, mais pour du sport, on m'y reprendra plus !



Stardust Rave


Une Rave Party ne m'avait jamais tenté, mais par curiosité, histoire de pouvoir me faire une idée par moi-même, j'ai tenté l'expérience. Après des centaines de kilomètres pour finir dans la montagne, nous arrivons, Ben, Julien, Julien et moi au site : une immense clairière. Tout commence la nuit pour s'achever le lendemain midi. Alcool interdit, pas vu ni cherché d'ecstasy, mais une forte odeur de cannabis se sent même en plein air. Un stand avec des tipis indiens réunit les percussionnistes ; des fils fluorescents comme des lasers ceinturent des arbres où du Drum & Bass est mixé ; un large feu central réchauffe les frileux et au milieu de la clairière, des décors phosphorescents entourent la scène de transe psychédélique. Je ne suis pas fan de techno mais après quelques heures, j'ai fini par me laisser happer…


Les seuls abus que j'y ai vus sont de rares parents inconscients traînant dans la Rave leur enfant de 5-6 ans, leur faisant toucher les enceintes dont les décibels ne sont pas limités, et les faisant jouer dans les fumigènes bien denses.


Au final, j'en garde un excellent sentiment, dû à une merveille découverte : les Poï (prononcez poye) : une corde dans chaque main se termine par une boule et, accompagnant la musique, plusieurs jongleurs dansent dans la nuit, faisant tournoyer leur poï enflammés autour de leurs corps ployés en des mouvements complexes. A l'origine ce sont les femmes Maori qui les utilisent pour leurs danses, mais les Pakeha, blancs de Nouvelle-Zélande, s'y livrent aussi avec une grâce envoûtante… Hypnotisé pendant des heures, je suis converti et m'en suis acheté, mais cela demande un long entraînement avant de ne plus s'exploser un œil, une jambe ou une… Certains retrouvent en ces mouvements une forme d'art martial, et pour en connaître enfin les effets bénéfiques, je peux dire qu'effectivement une session de poï est extrêmement délassante et contorsionne le corps pour lui procurer souplesse et détente. Quand la grâce des mouvements se joint au bien-être du corps…



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Debra



Parmi une vie amoureuse assez chaotique, Debra, charmante néo-zélandaise, a su me garder dans ses filets pendant près d'un an et demi. J'ai même vécu avec elle et avec Ben et Melissa, colocataires dont l'amitié a su parfaire l'ambiance paradisiaque de notre habitation cernée d'arbres et ouverte sur l'océan.


Je ne détaillerai pas cette histoire d'amour avec ma pixie du bout du monde, mais je tiens à conserver ici ce que j'en avais écrit alors et qui me rappelle la richesse et les bienfaits d'une relation qui indubitablement m'aida à rapprocher mes pieds de la terre et à accepter les avantages d'un mot que je ne prononçais qu'avec terreur : grandir.



Debs and I met in a jazz bar, at the Sammy's ! Our dance where definitely our link as one week later we meet at a concert and one week later again at the Sammy's. That was enough for us to decide we should spend some time together. We now live together in this amazing house with beautiful people.


Debs climbs trees, sees esoteric pattern in the grass, feels people's energy through her massages and learns how to heal humans with the herbs of the Earth… She travels in ancient words through the books she reads, and tells me stories of quests, pixies, and sometimes rabbits...


She fills with love the anklet she made for me and the Punamu around my neck. She teaches me how to sew our pants, how to cook other things than cans ; she hypnotises me with her poi dance, then recites me poems from Jim Morrison. Debra teaches me to appreciate the present, she shows me that life can be easier than what we think, and by that she leads me closer to freedom and harmony.


It's such a new experience to live with my lover, as it never happened before. I couldn't imagine how good and rich it is. Love relations can be like the passing days : light is followed by shadows, but every morning the light shines again to let us remember that beauty is here when we want to see it.


Keep on purring my pixie, "all we need is love"



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Peace and tranquillity



Ce qui m'aura grandement marqué en Nouvelle-Zélande, c'est la facilité de vivre et cette tranquillité inhérente à ce peuple. Comme je l'écrivais à une amie, la NZ ouvre des plaies dans nos malaises, et ces blessures de bien-être cicatrisent bien difficilement.


L'ouverture des personnes d'abord, leur familiarité fondée sur l'évidence que nous sommes tous des hommes et non des chefs, des banquiers intouchables ou autres notables qui pourraient se targuer de leurs fonctions. La chaleur humaine apparaît assez vite et nous immerge dans une confiance apaisante.


Cet apaisement vient en partie du contexte économique. Je me réfère ici aux années 2003 à 2006, il est possible que les choses aient évolué depuis mais ce pays me semble assez indépendant pour que la crise glisse sur elle comme l'eau sur les plumes d'un canard. Je leur souhaite en tout cas. Toujours est-il que trouver un travail ne constituant pas un grand problème, cela contribuait certainement à la décontraction générale. Par exemple j'ai obtenu là-bas un travail de traducteur sans que j'ai à l'origine d'expérience en ce domaine. A ce jour, en 2009, je travaille encore pour eux. A la fin de mes études, je voulais travailler pour gagner un peu avant mon départ, or j'ai postulé à une seule annonce, celle de vendeur dans un magasin New Age. Après deux entretiens qui testaient plus le côté humain et mon bon sens, j'ai été engagé et détenais une semaine après les clefs du magasin pour ouvrir et fermer. Dernier exemple frappant, lorsque l'été était propice au voyage, Debra démissionnait de son poste de serveuse, nous parcourions les routes un mois durant, puis à son retour elle retournait dans le restaurant où les gérants ravis de la retrouver la réengageait dans l'instant.


Mais cette tranquillité était-elle aussi due aux paysages fantastiques déjà évoqués ? Les sources chaudes et sauvages du Lewis Pass, ces rochers énormes d'Arthur's Pass, lieu que le Dalaï Lama qualifia d'un des endroits les plus spirituels au monde. Les exemples de paysages inspirateurs et apaisants sont innombrables. Combien de fois nous sommes-nous baignés nus dans des lacs magnifiques oubliés des touristes ? Combien de fois avons-nous arrêtés la voiture pour savourer sans contrainte la vue enchanteresse qui s'offrait à nous ?


La musique elle aussi devait favoriser la décontraction des corps entraînant celle des esprits. Dans de nombreux bars la danse semble naturelle et le public émancipe ses mouvements sur tout type de rythme. J'habite aujourd'hui à Lyon, grande ville de France, et pourtant j'ai beaucoup de mal à trouver un lieu où la danse fleurisse naturellement et porte les clients dans des mouvements dont le corps a besoin.

Le cadre de vie enfin. Pendant près d'un an et demi j'ai habité en colocation avec des néo-zélandais, une australienne et toute nationalité de passage. Or pour un loyer misérable, je vivais dans une maison de village, sur une colline dominant l'océan pacifique sur lequel se levaient quotidiennement le soleil et la lune, éclairant la grande chambre que je partageais avec Debra et qui autrefois était un salon.


Depuis cette maison d'ailleurs, je vécus un instant magique à jamais gravé dans ma mémoire. Aux environs de 4 heures du matin, l'envie nous prit avec Debra d'aller fumer une cigarette sur le balcon. Nous faisions face à l'océan, derrière nous la pleine lune irradiait une intense lumière nocturne. Or un nuage chargé de pluie libérée avançait seul vers l'océan. Alors s'offrit à nous un spectacle dont j'ignorais jusqu'à la possibilité. La lumière de la lune échouait dans la pluie lointaine, jouait dans ses gouttes, se difractait et revenait à nos yeux sous la forme d'un arc-en-ciel nocturne. Un arc-en-ciel gris, diaphane et éphémère, courbure inattendue de la lumière nocturne ne laissant de notre extase qu'un silence contemplatif.


Tant de douceurs en la Nouvelle-Zélande, tant de beauté à portée de regard, de vie aisée dont la richesse tend les bras. Un paradis, assurément, dont mon cœur et mon âme à jamais conserveront la marque.




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